
La réhabilitation des pistes rurales représente un budget énorme. Depuis des décennies, l'entretien des infrastructures n'a jamais été inclus dans les budgets des communes. Or, actuellement, les bailleurs de fond accordent beaucoup d'importance à l'entretien des infrastructures.
Pour la pérennité des infrastructures communales, le Centre de formation Himo (CFHimo) collabore étroitement avec les communes dans l'optique d'une mise en place de système d'entretien efficace des pistes rurales. Ceci suit l'engagement 2, défi 3 du Madagascar Action Plan (Map) : "Extension des programmes d'entretien en maximisant le volume total d'infrastructure praticable". Cette collaboration se traduit, dans un premier temps, par la formation des agents techniques communaux, ensuite par l'assistance à la mise en œuvre du programme d'entretien et enfin par la contribution jusqu'à hauteur de 50 % du fond d'entretien, soit environ 160.000 Ariary/km de pistes. En plus, le CFHimo fait don des outillages nécessaires aux communes pour les travaux d'entretien. La contribution au fond d'entretien se fait dans les deux années qui suivent la formation car dans la troisième année d'exercice, la commune elle-même doit être en mesure de créer des activités génératrices de revenus leur permettant de subvenir à ses propres travaux d'entretien. Depuis sa création, le CFHimo a formé plus de 188 agents techniques communaux. En 2007, neufs communes de la région du Vakinankaratra, convaincues de l'importance de l'entretien de ses routes, ont collaboré avec le CFHimo. On peut citer ici la commune rurale d'Ambohiborona qui a envoyé en formation 7 agents techniques pour assurer l'entretien courant et périodique de 8 km de piste. Cette commune compte 30.000 habitants répartis dans 11 fokontany. Après montage du budget nécessaire par les Comités d'entretien, formés également par le CFHimo, la commune doit consacrer environ 3 millions d'ariary par an pour les entretiens. Mais même si le budget primitif n'est pas encore validé, le chef cantonnier, avec l'accord du maire de la commune, effectue déjà une sensibilisation des habitants sur l'importance de l'entretien des routes. Ainsi, lors de la saison de pluies, les communautés villageoises consacrent déjà un tiers de leur temps libres pour l'entretien des routes, tels que le curage des fossés, le désherbage… Ce, afin d'éviter l'enclavement de la commune. Ce problème d'enclavement était, depuis longtemps, le principal problème des communes. Avec la mise en place du Fond de développement local (FDL), on peut déjà s'attendre à ce que la plupart des communes va accorder plus d'importance à la réhabilitation des routes. Il s'avère donc nécessaire, pour ne pas dire indispensable, de mettre en place un système efficace pour assurer la pérennisation des infrastructures construits ou réhabilités. Et pour cela, le CFHimo met à disposition son assistance en matière de renforcement des capacités des communes. "Nous devons être capables de pérenniser nos qualités de dirigeants et travailleurs à renforcer nos compétences et nos capacités institutionnelles pour réussir", selon le Map. Ceci s'avère être particulièrement important au niveau des communes pour la mise en place d'un systèmed'entretien efficace.
Faratiana Rasamiarivony



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Le bien et le meilleur
Les cyclones représentent un cauchemar pour un pays situé sous les tropiques comme Madagascar. Néanmoins, ils nous donnent une leçon : celle d'avoir toujours la foi en l'avenir et surtout de tester notre solidarité communautaire à travers le "fihavanana".
Le progrès technologique représente une chance pour un pays insulaire comme Madagascar. Avec les Nouvelles technologies de l'information et de la communication, nous pouvons rester connectés avec le Village global et être en diapason avec le reste du monde en matière de développement.
Mais quel est le lien entre cyclone et progrès technologiques ? Aussi étrange que cela puisse araître, ce lien a un nom : Himo. En effet, après chaque passage de cyclones, on fait régulièrement appel à cette méthode pour réparer les dégâts. Quant aux progrès technologiques, les usagers de la RN 4, vers Mahajanga, auront remarqué que la pose du backbone national en fibre optique s'effectue suivant l'utilisation d'une haute intensité de mains d'œuvre.
Tout ceci est bien. Sauf que, jusqu'à présent, il est déplorable que les simples gens, autant que les décideurs, continuent de confondre Himo et Vivre contre travail, Himo et travaux d'intérêts généraux. Depuis sa création, le Centre de formation Himo (CFHimo) n'a de cesse de lutter contre ces préjugés et de véhiculer une nouvelle conception de la méthode : l'approche Himo structurée. Elle implique que les ouvriers travaillant suivant la méthode Himo ne comptent pas pour des haricots et quelques kapoaka de riz, que l'approche Himo nécessite des techniques spécifiques en matière de gestion du personnel et de
comptabilité financière, voire même un esprit particulier dans la manière de diriger les travaux.
Depuis 2001 à avril 2006, 797 PME, bureaux d'études et ONG et communes, totalisant 2.043 stagiaires, ont suivi des formations au CFHimo pour s'imprégner de cette nouvelle approche révolutionnaire. Les résultats se traduisent, entre autres, en matière d'efficacité, de durée de vie des réalisations et d'économie de devises.
Oui, pratiquer la méthode Himo est bien. Mais suivre l'approche Himo structurée est encore meilleur.
Holy Ramiarintsoa
Directeur CFHIMO
Journal d’informations bimestriel spécialisé en BTP N° 07 :: Avril - Mai 2008
Entretien routier Le CFHimo peut octroyer 160.000 Ariary par kilomètre de pistes
Depuis sa création, le CFHimo a construit et réhabilité des pistes suivant une technique de construction routière respectant l'approche Himo. Ces travaux sont réalisés en vue d'un support pratique pour les formations théoriques dispensées par le centre. A travers ces chantiers-écoles, tous les stagiaires, qu'ils soient responsables de PME, des bureaux d'études, des agents de l'administration ou personnel des collectivités décentralisées ont la possibilité de mettre immédiatement en application les théories qu'ils ont reçus. Le tableau ci-après montre les travaux accomplis par le CFHimo, en matière de chantier écoles, durant les cinq dernières années.
Statistiques
13 chantiers-écoles de routes depuis 2003